Origines

 La cité de Dannemarie doit sans doute son nom et son origine à une chapelle de la Vierge. La tradition selon laquelle trois sapins plantés près d'une chapelle et de quelques chaumières, seraient à l'origine du nom, est pure légende.

Blason

Les historiens ont fait remonter l'origine de ce terme à l'époque où les premiers missionnaires gaulois et irlandais évangélisèrent la région, entre le IVème et le VIème siècle après J-C. Comme tous les noms de lieu, Dannemarie a subi au cours des siècles de nombreuses variations, dont voici les plus intéressantes:

  • Domnamarie - 823
  • Danamarachiricha -1016
  • Domarkilke - 1271
  • Dannamaria - 1287
  • Dammerkilch - 1361
  • Dompneumarie -1418
  • Thamerkirch - 1661 

Dannemarie se situe à l'intersection du Herrenweg, chemin qui suit la rive droite de la Largue, et du Lenzweg, autre itinéraire antique recoupant perpendiculairement l'affluent de l'Ill. Il pourrait s'agir d'un prolongement de voies romaines, réaménagées au début de l'ère chrétienne.
Celtes, gaulois, colons romains, germains s'établirent certainement dans la région. La localité se développa sur une terrasse dominant un méandre de la Largue.

Dès le IXème siècle, la localité est citée. L'abbaye de Masevaux, qui possédait des biens dans toute la contrée, avait une cour colongère à Dannemarie. Cette dernière est citée avec certitude pour la première fois en tant que village le 29 août 1016 dans la charte établie par Henri II " in villa Danamarachirika " en faveur de l'abbaye de Reichenau

Du point de vue administratif, Dannemarie fit partie successivement de la seigneurie de Thann, du comté de Ferrette, de la maison d'Autriche, puis après 1648 du royaume de France. Les habitants de ce village sont qualifiés "d'hommes libres" dans l'urbaire des Habsbourg (1303).

 

L'église

Nous savons peu de choses de l'histoire des premières églises, sauf que l'emplacement était le même qu'aujourd'hui et que le cimetière les entourait.

L'église fut longtemps consacrée à la Vierge. Saint-Léonard, protecteur des cultivateurs, apparut vers 1400 et supplanta l'ancienne patronne.

L'église est mentionnée pour la première fois en 1289 ; elle est détruite en 1427, puis en 1474 pendant la guerre de 30 ans. En 1652, il ne subsiste que le choeur. La misère des Dannemariens était telle que sa reconstruction était impossible. Un enfant de Dannemarie, Thiébaut Henning, devenu conseiller d'Etat, aumonier du roi Louis XIII et abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Jean du Jard, décida de reconstruire l'église et de la doter aussi bien en cloches qu'en mobilier et ornements Elle fut reconstruite entre 1655 et 1670.

Le Chanoine Héning

Le Chanoine Thiébaut Henning - Tableau du 17ème siècle

Les Guerres qui ont secoué Dannemarie

 

Guerres, batailles, conflits et ravages n'épargnèrent pas la cité au cours des âges.

 Voici quelques événements de la période de l'Ancien Régime :

  •  298 : guerre entre l'évêque de Strasbourg et le comte de Ferrette
  • 1313 : peste noire
  • 1375 : ravage des Compagnies Anglaises d'Enguerrand de Coucy
  • 1427 : guerre entre le comte de Montjoie et l'Autriche au cours de laquelle Dannemarie est brûlée et le cimetière fortifié détruit
  • 1439 : guerre des Armagnacs
  • 1468 : guerre des Suisses
  • 1474 : Etienne de Hagenbach, voulant se venger de l'exécution  de son frère Pierre, gouverneur en Bourgogne, envahit la vallée de la Largue; plusieurs paysans furent tués dans l'église qui fut pillée et brûlée
  • 1632 : invasion des Suédois ; la localité est pillée et dévastée ; la population est décimée. 

L'histoire de Dannemarie au XIXème siècle se conjugue avec le progrès matériel. Elle connut une prospérité relative ainsi que la paix des armes. Dannemarie devint chef-lieu de canton. Après avoir appartenue en 1790 au district de Belfort, elle fut unie en 1800 à l'arrondissement du même nom. En 1873, le canton devient tel qu'il est de nos jours avec ses 30 communes. Le premier souci après le retour de la paix civique fut d'assainir les finances communales ruinées par la Révolution. Les Dannemariens ne semblaient pas s'être préoccupés outre mesure des divers changements de régime survenus au cours du siècle. Ils vaquaient tranquillement à leurs affaires, tout en étant de bons citoyens. Certes, en 1870, de nombreuses maisons de la commune s'écroulèrent lorsque le canon tonna autour de Belfort et que l'on fit sauter le viaduc à côté du village. Mais c'était  peu de choses en comparaison avec le sort qui attendait la bourgade à l'occasion de la Première Guerre Mondiale.

Lors de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), Dannemarie a eu le privilège d'accueillir les troupes françaises le 7 août 1914. La cité a été un centre militaire très important d'où partaient les routes qui desservaient  le front du Sundgau, stabilisé dès l'automne 1914 au nord de la commune. Dannemarie, où cantonnaient de nombreux soldats, était également le siège de l'administration militaire qui assurait la protection, le conseil et l'assistance de quarante huit communes.

 

L'occupation lors de la Guerre de 1939 / 1945 - Images

 

Place de l'Hôtel de Ville sous l'occupation en 1942

 

Rue de Delle sous l'occupation - 1942 

  

            

              Visite du Président à Dannemarie

 

 

En 1918, le Président Poincaré et le Ministre des Armées Georges Clémenceau visitèrent la commune martyre. L'acharnement des combats autour de Dannemarie atteste de son importance stratégique, car tant le canal du Rhône au Rhin (ou canal Napoléon, construit entre 1807 et 1834) que la voie ferrée Mulhouse-Belfort inaugurée en 1857, ainsi que la ligne de la Largue (1910), favorisèrent le développement de Dannemarie.

 

Visite du Président de la République à Dannemarie

Les Viaducs

La liaison ferroviaire Mulhouse-Belfort nécessita la construction de deux viaducs, sous la maîtrise d'oeuvre de l'ingénieur d'Aigremont.

Le viaduc du côté de Ballersdorf enjambe le Rossbaechel et mesure 390 mètres de long avec une hauteur maximale de 20 mètres, tandis que le "Grand" viaduc,  surplombant la vallée de la Largue du côté de Retzwiller se compose de 42 arches pour une longueur de 500 mètres.

               

Ces viaducs furent bombardés à plusieurs reprises, notamment lors de la Première Guerre Mondiale.

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Plan et vue de Dannemarie

 

Plan de Dannemarie vers 1755

Plan de Dannemarie vers 1775

  

Les maisons et les bâtiments de Dannemarie

Dannemarie conserve des maisons et des bâtiments remarquables, tels que l'Hôtel de ville.

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