L’église de notre commune est construite en grès rose, une pierre de couleur rougeâtre, qui vient des Vosges.

Nous ne savons que peu de choses sur ses origines. Seule certitude : elle a toujours été à la place actuelle. Les premières traces écrites de notre église datent du 13ème siècle.

Elle a été détruite lors de la Guerre de Trente ans (1618-1648) par des mercenaires suédois et reconstruite une première fois à la suite de ce conflit.
Malheureusement, parce que Dannemarie avait été dévastée, il était impossible à ses habitants de reconstruire leur église.

C’est alors qu’un enfant du pays, Thiébaud Hening devenu conseiller du roi, légua à sa mort en 1651, à son neveu, toute sa fortune avec pour mission de redonner à Dannemarie une église et des cloches.

Les travaux ont duré de 1655 à 1671. Le clocher n’a été reconstruit qu’une cinquantaine d’années plus tard grâce à l’argent de la commune.

Mais cette église reconstruite grâce à la générosité d’un grand homme allait devenir trop petite !

En 1850, la population de Dannemarie a en effet explosé et l’église ne suffisait plus. La population ne trouvait plus assez de place pour pouvoir assister à la messe.

Si les bourgeois avaient des places assises et attitrées aux premiers rangs de l’église, les domestiques ont été de plus en plus obligés de rester à l’extérieur de l’édifice, sur la place appelée aujourd’hui Place Thiébaud Hening.

Ils ont alors pris l’habitude d’envahir la vingtaine de bistrots qui bordaient l’église et le bruit qui sortait de ces bistrots a commencé à poser des problèmes : il y avait atteinte aux bonnes mœurs. Des plaintes ont suivi et l’église a été agrandie. Les travaux ont débuté en 1844 et la nouvelle église a été inaugurée en 1855.

  



Qui était le Chanoine Héning ?

Enfant, il était misérable et probablement battu par ses parents ou par son maître. Un jour, il perd une oie dont il a la garde. Affolé, il s’accroche à un carrosse qui passe dans la rue. Il ne sera découvert qu’arrivé à Bâle par l’ambassadeur de France en Suisse, ministre de Henri IV. Le jeune garçon dit vouloir voir tous les paysages et découvrir toutes les langues que Dieu a crée. Ses futurs parents sont émus par cet enfant, et après s’être arrangés avec les parents naturels, ils l’adoptent. Il fait de brillantes études et devient prêtre. Il sera le précepteur de son petit frère adoptif. Plus tard, il sera confesseur extraordinaire du Roi (confessions pour des affaires et conscience) et son conseiller. Il est aujourd’hui enterré à Melun, à l’Abbaye Royale de Saint Jean du Jard, près de Dammarie-les-Lys.